Gabriel Dumouchel, Ph.D.

La Revue canadienne de l’apprentissage et de la technologie vient de publier un nouvel article tiré de ma thèse de doctorat réalisée sous la direction du professeur Thierry Karsenti (Université de Montréal). Cet article a été remanié puis bonifié, principalement grâce aux commentaires des évaluateurs de la revue (que je remercie au passage pour certaines nuances proposées). Il est disponible en PDF en libre accès ici.

Résumé de l’article: Alors que les élèves du Québec cherchent prioritairement de l’information sur des moteurs de recherche comme Google, il revient aux enseignants de les former à le faire efficacement. Mais la relève est-elle bien préparée pour accomplir cette mission? Cette étude vise à décrire et analyser les pratiques déclarées et effectives de futurs enseignants québécois en recherche d’information sur le Web. Les résultats démontrent qu’ils emploient principalement un mode d’action novice : peu ou pas de planification, stratégies de recherche basiques et faible diversification des outils. Une discussion critique des résultats et des recommandations en formation initiale viennent clore cet article.

Petite anecdote: J’ai choisi comme titre « Mon ami Google », car un des participants à mon étude a affirmé ceci en entrevue: « C’est vrai que le moteur de recherche que j’utilise le plus souvent c’est Google. Google est vraiment un meilleur ami, à mon avis. » Ça m’avait frappé quand j’ai entendu ça. Parallèlement, sachez qu’en septembre 2018, Google aura vingt ans. C’est ahurissant à quel point ce moteur de recherche a pu écraser la concurrence aussi rapidement (par exemple, qui se souvient d’Altavista et qui se sert de Bing?) en plus de devenir un guide toujours présent (je dirais même un « omniguide »), une sorte de Petit Poucet inversé qui propose la suite de notre chemin à partir des cailloux que nous avons laissés en se promenant sur le Web. Par ailleurs, Google offre une amitié qui n’est pas désintéressée (la grande majorité de ses revenus sont publicitaires). Bref, certains pourraient percevoir une sangsue algorithmée alors que d’autres verront un outil/service extrêmement efficace et convivial ou un peu des deux. Ce moteur de recherche fait certes l’objet de critiques diverses et fort pertinentes, mais le fait demeure que Google est solidement ancré dans les habitudes de recherche d’un grand nombre de personnes en ce début du 21e siècle, notamment chez les futurs enseignants du Québec. Par conséquent, la formation des enseignants doit en tenir compte. À ce sujet, je tiens à souligner l’une des principales suggestions de l’article en question:

« nous suggérons de mettre l’accent sur le développement progressif des compétences informationnelles en formation initiale, ce qui n’est pas encore le cas dans les universités québécoises. Ainsi, en début de baccalauréat, les futurs enseignants seraient initiés à divers outils et méthodes de recherche utiles pour réussir leurs études universitaires (par exemple comment chercher des articles scientifiques dans des bases de données). Ensuite, à mesure que le baccalauréat avance et que les stages dans les écoles se prolongent, l’accent serait mis sur des méthodes de recherche d’information à des fins scolaires (par exemple comment chercher du contenu pour concevoir des situations d’apprentissage). De cette manière, les futurs enseignants recevraient une formation qui comblerait leurs besoins complémentaires d’étudiants universitaires et de professionnels de l’enseignement en devenir. »

J’en profite pour annoncer que je travaille actuellement sur d’autres projets de recherche touchant les compétences informationnelles. Donc n’hésitez pas à me contacter si vous souhaitez collaborer avec moi ou discuter de mon sujet de recherche préféré! 🙂

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