Gabriel Dumouchel, Ph.D.

Tiré/bonifié de ma thèse de doctorat (2016), ce « nouvel » article vient enfin d’être publié dans la revue Formation et profession (2019).

Publier de la recherche sur les technologies de l’éducation prend tellement de temps que la réalité a le temps de changer. C’est le cas de plusieurs revues scientifiques. En gros, il faut que la revue trouve des évaluateurs (ils ne sont pas légion), leur donne le temps d’évaluer, ensuite l’auteur corrige et soumet son texte à nouveau, recorrige si nécessaire, la revue fait une révision linguistique et bibliographique, l’infographie, puis attend souvent de pouvoir insérer l’article dans un numéro (l’article en question est d’ailleurs considéré comme étant « hors dossier »). Le long processus de l’évaluation par les pairs est primordial, mais pour les technologies de l’éducation, ça signifie que la recherche sera toujours en retard sur ce qu’il se passe dans les classes, et ce, du préscolaire à l’université.

Bon, j’avais hâte de pouvoir dire cela lol! Maintenant que c’est fait, je vous invite à lire l’article dont voici le résumé :

Cette étude a pour objectif de décrire et analyser les pratiques déclarées et effectives des futurs enseignants du Québec en évaluation de l’information sur le Web. En analysant ces pratiques par l’entremise d’un questionnaire et d’exercices de recherche d’information sur le Web, nos résultats montrent qu’ils sont majoritairement critiques face à l’information qu’ils trouvent sur le Web et qu’ils l’évaluent avec une bonne diversité de critères. Les résultats sont discutés à la lumière de la littérature et des réalités du terrain afin d’offrir des pistes de recommandations pour améliorer le développement de ces compétences en formation initiale.

Depuis la rédaction de cet article, j’ai renoué avec les charges de cours auprès de futurs enseignants (UQAC et UQO). Ce faisant, je continue de les former aux compétences informationnelles et je constate que l’arrivée au pouvoir de Donald Trump a eu un effet catalyseur sur leur prise de conscience en matière de désinformation. Je continue aussi de travailler avec la professeure Martine Mottet de l’Université Laval sur les compétences informationnelles et j’encourage la relève qui s’y intéresse à approfondir la recherche à ce sujet. Mon collègue Florent Michelot (UdeM, UQAM) a d’ailleurs récemment produit des résultats préliminaires très intéressants démontrant que les futurs enseignants du Québec se percevaient plus compétents qu’ils ne l’étaient pour traiter de l’information. J’avais justement noté cette tendance à surestimer leurs compétences dans une étude pilote parue en 2013. En somme, il reste encore du travail à faire et c’est en collaborant entre chercheurs, formateurs et apprenants qu’on va améliorer la situation. 🙂

 

Comment les futurs enseignants du Québec évaluent l’information trouvée sur le Web : une étude des pratiques déclarées et effectives. Formation et profession, 27(2), 74-87. http://dx.doi.org/10.18162/fp.2019.449

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